Tester la neutralité des pratiques managériales du point de vue de l’orientation sexuelle : l’expérience de Randstad

Parmi les 24 critères de discrimination prohibés par la loi, il y a ceux que l’on nomme – l’âge, le genre, le handicap, la couleur de peau – et ceux que l’on tait comme l’orientation sexuelle. C’est pour sortir de ce déni que Randstad France, labellisée diversité depuis 2009, s’est associé, à travers son Institut dédié depuis 2005 à l’égalité des chances et au développement durable, à l’Association « L’autre Cercle » qui lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie dans le monde du travail, en menant une étude inédite auprès de 26 organismes (privés et publics) sur la neutralité, du point de vue de l’orientation sexuelle, de leurs pratiques managériales.

Retour sur les résultats de cette enquête qui s’est aujourd’hui transformée en outil d’autodiagnostic pour permettre à toutes les entreprises de se tester.

 
Secteur : Service en Ressources Humaines
Activité : Recrutement, travail temporaire, approche directe, conseil, formation et reclassement
Effectif (en France) : 4000 collaborateurs
CA : 3,77 milliards d’Euros
 

Garantir à tous les mêmes conditions de travail et d’évolution professionnelle 

L’orientation sexuelle est, parmi les sujets relatifs à la vie personnelle, l’un des plus difficiles à aborder, parce qu’il relève de la sphère de l’intime essentiellement. Mais force est de constater que la vie privée fait partie de la vie professionnelle, notamment lors des échanges informels qui prennent naturellement place dans le cadre du travail. Comment, dans ces conditions, garantir aux populations lesbiennes, gays, bi et transsexuelles  (LGBT) les mêmes conditions de recrutement, d’évolution et de vie dans l’entreprise, dans le respect de leur différence, mais sans faire de prosélytisme ? En examinant de près les process et les pratiques RH pour s’assurer de leur parfaite neutralité.

L’entreprise a-t-elle formé ses managers à la non-discrimination liée à l’orientation sexuelle ? En cas de manifestation organisée par l’entreprise, les conjoints pacsés ou mariés sont-ils invités de la même façon ? Le nombre de congés liés à un mariage est-il équivalent à celui lié à un PACS ? Autant de questions parmi les 45 posées par l’Institut Randstad et l’Autre Cercle dans leur étude conjointe « quick scan », dont l’objectif est de déceler les pratiques formelles ou informelles, susceptibles de discriminer les populations LGBT, mais aussi de faire ressortir les bonnes. Car au-delà de l’étude réalisée en 2011 auprès de 26 organismes privés ou publics, l’objectif du « quick scan » est aujourd’hui de permettre à tous les employeurs, quelle que soit la taille de leur structure ou leur secteur d’activité, de dresser un bilan rapide et personnalisé de la façon dont ses salariés LGBT sont traités pour corriger le tir si nécessaire.

 

Identifier des pistes d’actions simples à mettre en œuvre 

Six dimensions sont ainsi testées à l’aune du critère de l’orientation sexuelle et permettent à l’entreprise d’établir son profil : la formalisation de la démarche, la culture de l’entreprise (l’ambiance de travail, l’existence de réseaux formels ou informels, l’invitation des conjoints aux évènements organisés dans un cadre professionnel), l’engagement externe, les avantages aux salariés ( ouverts aux salariés mariés et pacsés, définition de la famille dans les contrats de prévoyance), les process RH ( sensibilisation des équipes, des managers) et le traitement de la confidentialité des données personnelles.

Un profil qui aide ensuite l’entreprise à identifier,  dans son mode de fonctionnement, les principaux freins à l’égalité réelle de traitement, mais qui fournit surtout quelques pistes d’actions simples à mettre en œuvre : analyser ses process RH et déterminer un plan d’actions pour éliminer toute éventuelle discrimination et pour favoriser la confidentialité dans le traitement des données personnelles ; prévoir des bénéfices identiques pour les couples pacsés ou mariés (mutuelle et prévoyance, jours de congés et primes identiques lors d’une union ; aide au logement ou à la mobilité, avantages du CE) ; reconnaître les couples du même sexe dans les manifestations internes etc.

Pour tester vos pratiques managériales, savoir si votre entreprise est « gay-friendly » et identifier des bonnes pratiques, rendez-vous sur le site du groupe Randstad : www.grouperandstad.fr

 
Entretien avec Aline Crépin, Directrice de la R.S.E du Groupe Randstad France et Déléguée générale de l’Institut Randstad pour l’égalité des chances et le développement durable, Paris le 23 avril 2012

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